La dimension artistique de Frédérique SAMAMA est toujours liée à une réflexion avec la réalité qui l'entoure, toujours attachée à un domaine social et moral. En effet, le point névralgique de son œuvre est la figure humaine, l'individu dans tout son spectre et ses facettes sociales : hommes politiques, mendiants, personnes âgées, transmettant toujours au public des messages chers à l'artiste.

"Amana", "Idian" et "Sans titre" représentent ensemble un triptyque de regards, de différents hommes et femmes âgés vivant dans les rues de Paris. "Protégeons-les !" écrit l'artiste, dans le but de sensibiliser le public à ces vies fragiles, les plus vulnérables de la pandémie COVID-19, souvent négligées en raison de leur statut social. Dans ces trois œuvres, l'élément d'efficacité et d'empathie est techniquement obtenu par le contour noir et marqué des regards, recherchant presque un contact visuel avec le spectateur. Les yeux en eux-mêmes évoquent une connexion immédiate avec l'âme, car ils peuvent refléter la dynamique intérieure grâce à leur intensité.

 

"Frédérique s'efforce de transcrire l'âme par l'expression plutôt que par la ressemblance morphologique. Et utilise un noir intense, fortement tracé ou déposé plus légèrement pour faire ressortir l'essentiel qui nous caractérise sans jamais tracer le contour de l'ensemble. Ainsi, sans limite, chacun a une perception différente et y trouve son degré de lecture émotionnelle".

 

Même "Granny Puretta" est la représentation d'une vieille femme, mais ici le sens est différent : Mamie Puretta est une femme emblématique vivant dans les rues de La Havane, souvent fétichisée par le regard des touristes pour son look et son endurance à vivre un style de vie non conventionnel. Frédérique a plutôt décidé de peindre un hommage artistique à cette femme, en étendant cette fois l'attention sur toutes ses figures encadrées par un doux puzzle de feuilles vertes, ce qui met encore plus en évidence la pose et l'intégrité de la femme, qui semble ne pas chercher d'empathie avec ses spectateurs.

"Bubble Trump" représente une autre provocation artistique, puisque l'homme politique américain est peint en train de mâcher un chewing-gum. Le chewing-gum sert d'expédient pour humaniser l'homme, ce qui rend Trump encore plus " homme du quotidien " et lui donne une connotation enfantine. L'invective artistique contre l'homme politique vise à déconstruire sa "figure sérieuse" à travers un portrait coloré capable de lui donner une connotation stupide et ironique.

"Le Cri" est peut-être un autoportrait de l'artiste et surtout le fil rouge de sa poétique : une urgence à crier sur la toile toutes ses impulsions artistiques, rappelant à la fois la qualité cathartique de l'art et le potentiel de l'art lui-même, comme un moyen puissant de diffuser, tout en créant, une vision personnelle du monde.

The artistic dimension of Frédérique SAMAMA is always connected to a reflection with her surrounding reality, always attached to a social and moral terrain. In fact, the nerve centre of his work is the human figure, the individual in all its spectrum and social facets: politicians, beggars, elderly, always conveying to the audience messages dear to the artist.

"Amana", "Idian" and "Untitled" represent together a triptych of gazes, from different old men and women living in the streets of Paris. "Protégeons-les!" writes the artist, aiming at raising awareness on those fragile lives, the most vulnerable of the COVID-19 pandemic, often neglected because of their social status. In all these three artworks, the element of efficacy and empathy is technically obtained by the black and marked contour of the gazes, almost looking for an eye-contact with the viewer. The eyes per se evoke an immediate connection with the soul, as they can mirror the inner dynamics thanks to their intensity.

 

"Frédérique strives to transcribe the soul through expression rather than morphological resemblance. And uses intense black, heavily traced or deposited more lightly to bring out the essential that characterizes us without ever making the outline of the whole.Thus, without limit, everyone has a different perception and finds there their level of emotional reading".

 

Even "Granny Puretta" is the representation of an old woman, but here the meaning is different: Granny Puretta is an iconic woman living in the streets of Havana, often fetishized by the tourist's gaze for her look and endurance to live an unconventional life-style. Frédérique instead decided to paint an artistic homage to the woman, this time extending the focus on all her figures framed by a soft puzzle of green leaves, which highlights even more the pose and the integrity of the woman, who seems to be not looking for empathy with her viewers.

 

“Bubble Trump" represents another artistic provocation as the American politician is painted while chewing a bubble gum. The gum serves as an expedient to humanize the man, making Trump even more an “everyday man" and attributing him a childish connotation. The artistic invective against the politician aims at deconstructing his "serious wannabe figure" through a colourful portrait able to give him a silly and ironic connotation.

 

"The Scream" is perhaps a self-portrait of the artist and overall the fil rouge of her poetics: an urgency to scream on canvas all her artistic impulses, recalling both the cathartic quality of art and the potential of art itself, as a powerful means to spread, while create, a personal vision of the world.

Cécilia TERENZONI

Art curator
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